Merci de votre fidélité et très bel été !

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En cette veille de vacances, je voulais tous vous remercier pour votre fidélité.


Sur Europe 1, à partir de lundi, seront rediffusés les meilleurs numéros de notre rendez-vous quotidien « Au cœur de l’histoire », en attendant la reprise de l’émission en direct, même formule, même heure, le 25 août. Les lève-tôt pourront désormais suivre aussi, à 6h20 dans la Matinale de Thomas Sotto, mon éphéméride, du lundi au vendredi !


En attendant, pendant l’été, tous les samedis de 11h à 12h30, nous nous retrouverons, en compagnie de Nicolas Carreau et d’Alain Cirou pour une nouvelle émission historique et scientifique : « les origines du futur ».


Rendez-vous aussi sur France 3, le 1er lundi d’octobre, pour le premier numéro de « L’ombre d’un doute », Saison 4, consacré à la chute de Napoléon. L’émission, toujours diffusée à 20h40, devient mensuelle en 2014-2015 ! Enfin, outre nos rendez-vous dans les pages de Détours en histoire (le numéro 4 est actuellement en kiosques) et dans les colonnes de FigaroVox, je vous propose de nous retrouver en librairie, courant septembre, pour un essai historique autour de la figure de François Ier – dont je vous proposerai un portrait pour le moins différent… Voilà pour la Rentrée 2014 ! D’ici là, à tous, un très bel été !


Historiquement vôtre, Franck

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La semaine de Franck : Temps aboli.

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(Sur la photo : le dimanche 15 juin, avec Fabien Lecoeuvre et Gilles Livchitz, directeur de Phil@poste, lors de la remise du Trophée Marianne 2014, qui m’a été décerné dans la catégorie « radio », à l’issue du vote des clients de La Poste)


Mardi 24 juin.Combien d’entreprises au monde peuvent-elles se targuer d’exister depuis plus d’un millénaire ? Fort peu, sans doute. C’est pourtant le cas de la Monnaie de Paris qui, sous les croisées d’ogives de la salle des Gendarmes, à la Conciergerie, souffle aujourd’hui ses 1150 bougies ! A la demande de son président, Christophe Beaux, je raconte à l’assistance que l’acte de fondation du premier atelier parisien de frappe monétaire remonte bel et bien à 864 et au règne de Charles II, dit « le Chauve », roi de la Francie occidentale… L’actuel hôtel de la Monnaie, chef-d’œuvre néoclassique, ne date, quant à lui, que de 1775 ; il est actuellement en restauration et sera bientôt rouvert, pour que s’écrive un nouveau chapitre de cette longue histoire… Certaines institutions semblent nées pour défier le temps.


Mercredi 25 juin. L’ambassadeur de Pologne à Paris, S.E. Tomasx Orlowski, et son épouse Aleksandra sont des diplomates tels qu’on les aime : chaleureux, cultivés, spirituels, francophiles et pleins d’une infinité d’attentions. Les grands dîners qu’ils donnent en leur Résidence – l’ancien hôtel de Monaco – ont la splendeur requise et la chaleur attendue. Je suis heureux d’y croiser ce soir des amis qui sont aussi de grandes figures de la défense du Patrimoine, comme Roland de L’Espée et Bertrand du Vignaud. Entre un « Gaspacho à la polonaise » – entendez : aux betteraves – et un « Cheesecake estival », on y savoure les nouvelles de la Ville et de la Cour. Pour un peu, l’on pourrait croire le temps arrêté, l’Europe, en plein essor et notre culture, au sommet de son rayonnement…


Jeudi 26 juin. Comme il me l’avait promis, Alain Decaux reçoit chez lui les caméras de « L’Ombre d’un Doute », le temps d’un entretien exclusif. Cela me vaut la joie de me retrouver face au Maître et de lui poser des questions. Tandis qu’il répond avec sa malicieuse sagacité, j’observe dans les verres de ses lunettes le reflet des projecteurs, et cela me ramène il y a trente ans, il y a quarante ans peut-être, lorsque j’étais captivé devant mon poste de télé… Alain Decaux raconte, Alain Decaux « me » raconte son tout premier contact avec Sacha Guitry ; le temps et l’espace se seraient-ils dissous ?

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La semaine de Franck : Dîners parisiens.

tour1Nuits écourtées, agendas allégés, aiguillon des vacances qui s’annoncent : le passage à l’été se révèle propice aux dîners en ville. J’en retiendrai trois pour le plaisir, dans des genres bien différents.


Lundi 16 juin.La grande tradition. Hôtel particulier entre cour et jardin, superbe table croulant sous les cristaux,valets en livrée, service « à la Beaumont »… Chaque fois que je prends part à de telles agapes – invité ce soir par un charmant marquis italien– je me réjouis in petto que subsistent de tels tributs à notre civilisation et à ses élégances. Comme chez Baudelaire, « les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Soupers de princes et d’artistes mêlés ; ma voisine se révèle être une véritable maharané –nullement impressionnée du reste par ce concours de tous les raffinements… Disons-le : je suis fier que notre vieille Europe, dans quelques rares maisons de grande tenue, puisse recevoir encore les maharajas sans rougir – mais pour combien de temps ?


Mercredi 18 juin. La Bohême idéale. Cinquième étage – sans ascenseur. Parquets cirés ; causeuses couvertes de vieux plaids ; rayons de livres jusqu’aux plafonds ;  fenêtres à peine mansardées, envahies de berceaux fleuris – « on est chez Mimi Pinson », fait remarquer avec justesse un des convives. Le maître de maison est éditeur, il maîtrise les harmonies et nous sert lui-même de délicieuses paupiettes à l’ancienne. Un peu grisé, peut-être, par le bon vin, je me dis que ce dîner aurait pu prendre place – quasiment à l’identique – en 1980, en 1935, en 1890… Chance que cette perte des repères, lorsqu’elle nous fait toucher du doigt, réminiscence Proustienne, ce qu’il y a de délicieux dans le fait de vivre !


Jeudi 19 juin. Pique-nique haut-perché. Je réunis ce soir mes jeunes collaborateurs de la radio, dans la végétation profuse d’une terrasse ouverte sur Paris. Au loin, la Tour Eiffel ; ici, la joyeuse animation des voix qu’il faut un peu forcer pour couvrir la musique… On se passe les terrines, on allume les photophores, on éponge le champagne qui s’est répandu dans l’inadvertance d’une effusion. Nous nous serrons à une grande table improvisée, où l’on fait passer les assiettes de paëlla sans aucun chichi… Pas de valets ce soir, peu de références littéraires – et cependant, la même magie des belles soirées amicales, avec les étoiles pour témoin et cette bise tiède qui, par vagues, balaie ce que les sourires pourraient cacher, parfois, de petits drames intimes.

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La semaine de Franck – Et si la vie…

IMG_6158Samedi 7 et dimanche 8 juin. Pour le 900ème anniversaire de l’abbaye percheronne de Tiron, Stéphane Bern – désormais voisin de l’abbatiale en son  Collège royal de Thiron-Gardais – a réuni quelques amis, histoire de pimenter la grande kermesse à l’anglaise organisée par la commune. L’un des clous de la fête réside d’ailleurs dans les Jeux de force importés d’Ecosse. Inauguration champêtre, grand concert de Laurent Voulzy – sur le thème « Lys and Love » – messe solennelle de la Pentecôte en l’abbaye – en présence du prince Jean de France – garden-party, visites charmantes dans les environs – à commencer par le somptueux village de Frazé : voilà un grand week-end comme je les aime, avec soleil, toasts, jeux, rires, promenades, orages, et la nature, la nature, la nature ! Et si la vie, c’était d’abord cela ?


Mercredi 11 juin. Réunion (matinale) du jury du concours « Un patrimoine pour demain » organisé, pour la 24e année consécutive, par le magazine Pèlerin. Conduits par Catherine Lalanne, éclairés par l’architecte Philippe Bonnet, conservateur en chef du Patrimoine, nous voyons défiler les candidatures d’associations, de communes, de particuliers – autant de bonnes volontés mobilisées pour la restauration, qui d’un lavoir, qui d’un buffet d’orgue, qui d’une grange à sécher la chicorée… Comme chaque année, je me sens partagé entre la joie de pouvoir aider quelques-unes des belles initiatives offertes à notre vote, et la frustration de devoir mettre de côté les autres – sans parler de toutes celles que nous ignorons… Le patrimoine historique de la France est si riche ! Ceux qui se dévouent pour sa sauvegarde, si peu nombreux ! J’en parlais à la radio, la veille, avec Alexandre Gady : comment faire pour intéresser davantage les Français à ce qui constitue, n’en doutons pas, richesse principale du pays ?


Visite (en fin d’après-midi) au domicile d’Alain Decaux. Le Maître me reçoit dans son bel appartement ensoleillé de la Porte Dauphine, avec cette courtoisie exquise que j’admire tant chez lui. Je voulais connaître son avis sur le mystère Louis XVII, mais aussi m’entretenir de choses et d’autres avec celui que je regarde comme un modèle. Monsieur Decaux possède comme personne l’art de présenter un dossier historique, de le rendre vivant, captivant même ; son expérience en ce domaine est unique et son talent – hélas pour moi – inimitable. Avant de me donner congé, il me présente quelques-uns des beaux souvenirs qu’il conserve de deux de ses trois auteurs de prédilection – avec Alexandre Dumas : Victor Hugo et Sacha Guitry. Je ne puis m’empêcher de sourire devant l’étonnante parenté qui unit nos passions.

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Les châteaux de la Loire, Jeux de Dames

Mercredi 11 juin 2014, à 20h45 sur France 3 : « L’Ombre d’un Doute » Les châteaux de la Loire, Jeux de Dames

Les châteaux de la Loire, Jeux de Dames

Angers, Chinon, Chaumont, Amboise, Blois, Chambord, Chenonceau… Des noms entrés dans la légende… « L’ombre d’un doute », explore le Val de Loire. Loin des clichés, des légendes et des idées reçues, Franck Ferrand nous fait découvrir sous une nouvelle lumière ces lieux magiques où s’est épanouie la Renaissance et où les femmes y ont tenu un rôle majeur.

Politique, puissance, intrigue, passion… Les dames du Val de Loire ont fait de leurs merveilleux châteaux le théâtre de leurs rêves et de leurs ambitions.

Ainsi par exemple :

- A Chinon, à l’époque de Jeanne d’Arc, nous découvrons le rôle occulte d’une femme qui, en coulisse, tire les ficelles du destin de tout un royaume : Yolande d’Aragon.

- Au cœur de la cité royale de Loches, plane le mystère de la mort d’Agnès Sorel, première maîtresse royale de notre histoire. Franck Ferrand lève le voile sur les circonstances du décès de cette femme qui a joué un rôle essentiel dans l’expansion économique de la France, alors que se développent les routes des parfums et de la soie.

- Louise de Savoie, la mère de François Ier, est un des plus grands personnages de son siècle. Au clos Lucé, a côté d’Amboise, cette femme hors du commun, tient entre ses mains les reines du royaume au point de vouloir y créer une nouvelle capitale. Une ville idéale conçue par un génie : Léonard de Vinci !

- A Blois, qui est vraiment Catherine de Médicis ? Une femme vraiment cruelle ? Peut-être pas …

Quelles ont été ses réelles ambitions pour l’avenir de la France et pour le destin de sa lignée : la dynastie des Valois. …

Entre violence et séduction, finesse et cruauté, entre romans d’amour et rêves de pouvoir, « L’ombre d’un doute » nous révèle comment les dames du Val de Loire, en leurs magnifiques châteaux, ont laissé leurs empreintes sur notre histoire.

Rendez-vous le Mercredi 11 juin 2014 à 20h45.

+ En savoir plus…

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La semaine de Franck – Inoubliables !

IMG_5002Mardi 3 juin. Certaines rencontres marquent une vie. Ce soir, les enfants de l’artiste et illustratrice Anne-Marie Caffort-Ernst, jadis élève de Fernand Léger,  rendent hommage à leur mère, décédée au début de l’année. Une petite foule recueillie se presse dans une galerie du Champ-de-Mars, où rayonnent une trentaine d’œuvres semi-abstraites. Voilà vingt ans, j’ai eu la chance de fréquenter l’atelier de cette dame lumineuse, pétrie de la philosophie du Père Teilhard de Chardin. J’ai profité de ses conseils. C’était une époque ardue de ma vie ; je me sentais perdu ; je me heurtais, me cognais à mille obstacles, comme un insecte prisonnier… Je réentends la voix posée de mon amie confiante, qui croyait fort en Dieu et en la vie. Comme je regrette de ne l’avoir pas revue avant sa disparition ! Ses œuvres – corolles et spirales de lumière, énergétiques à souhait – peuvent-elles encore parler pour elle ?

Mercredi 4 juin. Certaines rencontres marquent une vie. Du massacre d’Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944, Robert Hébras est l’un des deux seuls survivants, encore de ce monde. Alors âgé de dix-neuf ans à peine, il a été – comme une cinquantaine d’autres hommes, paisibles habitants de ce village de Haute-Vienne – poussé dans la grange dite « Laudy » par des soldats SS issus de la sinistre Division « Das Reich », et fusillé sauvagement comme les autres. Lorsque que les bourreaux ont actionné la mitrailleuse, il a été protégé des rafales par les corps de ses voisins et amis et s’est trouvé recouvert de cadavres sanguinolents ; il a pu échapper au coup de grâce, avant de s’extraire de la grange en feu… L’horreur de ce qu’il raconte posément, sobrement, sans aucune haine apparente, a de quoi glacer les sangs. Et forcer le respect.

Jeudi 5 juin. Certaines rencontres marquent une vie. Grâce à mon ami Stéphane Bern, je fais partie des privilégiés à pouvoir rencontrer en privé S.M. Elisabeth II, dans les salons de la Résidence britannique. La Reine est venue décorer elle-même six personnalités – dont Stéphane ! Entourée d’un impressionnant protocole, sous la protection voyante et bonhomme des fameux « Yeomen Warders » arrivés tout droit de Londres, la souveraine pénètre dans le salon tétanisé. « Please, beseated ! » nous intime son filet de voix haut-perché. Comment la définir ? A la fois charismatique et délicate, souriante et sérieuse, solide au fond et d’apparence fragile… A la fin, tandis qu’elle vient nous dire quelques mots charmants – serais-je en train de rêver ? – je remarque pour la première fois l’incroyable éclat de son regard très bleu. Mais déjà la voilà sur le départ, prête à regagner, n’en doutons pas, le « mainstream » de l’Histoire…

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La semaine de Franck

IMG_6001Lundi 26 et mardi 27 mai. Me voilà embarqué à Toulon – convié par ma complice Clémentine Portier-Kaltenbach – sur l’énorme, sur l’impressionnant Dixmude, un des trois porte-hélicoptères de la Marine nationale. A l’initiative du capitaine de vaisseau Loïc Finaz, écrivain de Marine, et du Centre d’études supérieures de la Marine, nous allons assister, en mer, à toutes sortes d’exercices : décollages et appontages d’hélicos, tir de missile, simulations d’attaque et de défense, largage et récupération d’engins amphibie, etc. Le sérieux, le dévouement, l’abnégation même de tous ces engagés me ferait chaud au cœur, si je n’avais à l’esprit, dans le même temps, les restrictions budgétaires fatales qui les guettent… J’observe un impeccable ballet aéronautique, et ressasse en moi cette question : est-il possible que la France – première ou deuxième puissance maritime du monde, selon les classements – en vienne à perdre un jour ou l’autre cette position héritée de son histoire ? Et tout cela pourquoi ? Pour sauvegarder des budgets sociaux ?


Vendredi 30 mai. Avec une bonne semaine de retard sur sa diffusion par TMC, je visionne enfin le dernier épisode de la série britanniqueAgatha Christie’sPoirot. J’attendais cette adaptation de l’ultime enquête de mon héros favori, magistralement, définitivement incarné par David Suchet. Il s’agit de l’adaptation de Curtain – devenu en France : Hercule Poirot quitte la scène – le dernier roman publié du vivant de la Reine du crime, à l’été 1975. Elle y exécute proprement son détective, à l’issue d’une enquête funèbre au dénouement sidérant. Nulle mauvaise surprise : adaptation soignée, interprétation idoine… Puisqu’il s’agit de la version doublée, je regrette seulement que Roger Carel n’ait pu prêter jusqu’au bout sa voix au personnage. Les retrouvailles tardives de Poirot et du capitaine Hastings ont quelque chose de poignant. Mais comme je le craignais, l’agonie du petit Belge n’en est pas moins pénible : il est difficile de faire le deuil d’un personnage que l’on a aimé, suivi pendant un quart de siècle… Et j’imagine les sentiments mêlés qu’a dû éprouver sir David :joie de l’œuvre accomplie, en même temps quedéchirement d’abandonner son alter ego. Pour la peine, je me replonge dans les premières saisons – et me dis que nous avions vingt-cinq ans de moins…

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